LETTRE OUVERTE DU CONGRES REGIONAL DE LA LOMBARDIE
DE LA JEUNESSE FEDERALISTE EUROPEENNE AUX JEUNES EUROPEENS


Chers Amis,
Nous suivons avec beaucoup d'attention le débat qui s'est ouvert en France à propos de la ratification du traité constitutionnel européen et nous avons lu l'Appel pour le Oui à le Constitution européenne (http://www.ensemblepourleoui.fr) promu par les Jeunes Européens avec d'autres organisations. Tout juste parce que nous sommes conscients de l'importance de ce débat sur la relance d'une initiative pour fonder la fédération européenne, initiative dont dépend également le futur du pays dans lequel nous vivons (un pays désormais à la dérive du point de vue politique et économique), nous nous permettons de vous adresser cette brève lettre.

Nous croyons que ce n'est pas par hazard qu'un nombre croissant de leaders politiques français, soit qu'ils partagent pour le OUI (Mauroy, Balladour) soit pour le NON (Fabius, Emmannuelli), aient indiqué la nécessité, quel que sera le résultat du référendum, qu'un groupe de pays, avec à la tête l'alliance franco-allemande, prenne l'initiative de relancer l'unification politique de l'Europe à cercles concentriques. Il s'agit d'une idée pas nouvelle, qui cherche de concilier les exigences de l'élargissement de l'Union européenne avec celles de son approfondissement. Il s'agit d'une idée avancée en passé, en France, par les anciens Présidents François Mitterrand et Valery Giscard d'Estaing, par l'ancien Président de la Commission Européenne, Jacques Delors et, en Allemagne, par la CDU, aux temps du Chancelier Helmut Kohl, (document Schauble-Lamers pour le départ de la monnaie unique) et, plus tard, par le Ministre des Affaires étrangers allemand Josckha Fischer. Jusqu' à présent ces initiatives n'ont pas eu du succès sur le plain politique et ont été limitées au terrain des coopérations renforcées. Mais celle-là n'est pas une bonne raison pour se résigner à l'idée qu'il ne soit plus possible se battre pour l'unité politique de l'Europe, ou tout bonnement pour se battre poour le OUI avec l'idée, exprimée par Michel Rocard sur le Figaro, qu'il " faudrait tuer le cadavre des Etats-Unis d'Europe ". Quant à nous, surmontant mille difficultés, nous n'entendons pas nous résigner à l'impuissance de l'Europe et nous continuerons à nous battre, comme fédéralistes européens du group régional lombarde de la Jeunesse Fédéraliste Européenne (ai sein du Comité pour l'Etat Fédéral Européen), pour relancer ce débat et dénoncer la rhétorique et les mensonges de ceux qui demandent plus d'Europe sans s'assumer la responsabilité de la créer vraiment.

Il est évident que, si votre pays en communion avec l'Allemagne ne donne pas le branle, bien difficilement une vraie relance de l'unification politique de notre continent sera possible. Mais il est aussi évident que, quel que sera le futur du traité constitutionnel européen, il sera impossible, surtout pour un pays avec une grande tradition historique comme la France, ignorer le fait que le temps du choix entre " Europe espace " et " Europe puissance " est en train de passer. Pour toutes ces raisons il serait important mettre sur le tapis d'ores et déjà le problème de la construction d'une Fédération dans la Confédération (selon les mots d'il y a quelques années de M. Giscard d'Estaing) et, donc, du rôle et des objectifs d'une avant-garde de pays dans le lancement d'une initiative politique pour construire un premier noyau d'Etat fédéral européen ouvert, évidemment, aux autres pays que, en futur, voudraient y entrer. Il est à vous décider comment faire peser ces arguments dans votre campagne. Nous pouvons seulement confirmer notre disponibilité à discuter ces thèmes et d'éventuelles initiatives politiques communes, si et lorsque vous le jugerez opportun, sur ce terrain.
Milano, le 28 Novembre 2004
www.alternativaeuropea.org
www.euraction.org